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Appel à communication : colloque "Impermanences. Architectures, urbanismes, géographies et sociétés à l’épreuve"

Appel à communication / Recherche

Du 10 juillet 2026 au 3 septembre 2026

Colloque Impermanences Appel à communication

La MSH-Alpes, l'ENSAG, l'AE&CC, le Labex Architectures, et le LRA - ENSAT lancent un Appel à communication, dans le cadre du colloque transdisciplinaire "Impermanences. Architectures, urbanismes, géographies et sociétés à l’épreuve" qui se tiendra à la MSH-Alpes et à la MaCI les 22 et 23 octobre prochains.

Résumé

Ce colloque international et interdisciplinaire invite chercheurs, artistes, praticiens et professionnels de l'espace à explorer la notion d'impermanence comme condition constitutive - et non plus exceptionnelle ou accidentelle - de tout espace habité, à toute échelle, du territoire à l'édifice. Prolongeant la dynamique du séminaire international « Rythmologies1 » (2021) qui s’appuie sur l’axe de recherche éponyme2, il propose de décentrer le regard porté sur le rythme pour interroger les mises en vis-à-vis entre pensée et action, contrôle et attente, prédictions et possibles. Deux journées organiseront la réflexion : saisir l'impermanence (expériences, notions, représentations) puis faire avec l'impermanence (lieux, pratiques, postures professionnelles).

***

1 MSH-Alpes, Laboratoire de Recherche en Architecture (LRA - ENSA Toulouse), Laboratoire de sociologie urbaine (LASUR - EPFL), Laboratoire de Psychologie et NeuroCognition (LPNC - CNRS, UGA, USMB), AIGF, ENA Tétouan, réseau thématique Chronotopia.
2 MSH-Alpes

Argumentaire

En 2021, le collectif de chercheurs à l'origine du séminaire international « Rythmologies » faisait un double pari : celui de l'interdisciplinarité et celui du rythme, entendu au sens de « manière de fluer » (Benveniste, 1966), comme clé de lecture et d'écriture des mondes en mouvement. Cinquante conférences et deux ouvrages plus tard, le pari est tenu : des centaines de personnes de tous les continents ont assisté aux conférences et débats, plusieurs thèses, recherches, réseaux et publications sont nés de ces croisements entre espace et temps. 
Ce colloque invite à aller plus loin par la notion d'impermanence, qui décentre la focale des rythmes pour interroger les mises en vis-à-vis entre pensée et action, entre contrôle et attente, entre prédictions et possibles. Il s'agit de dépasser la métaphysique du stable qui prévaut encore dans les disciplines de l'espace et du territoire, pour s'inscrire dans une approche du mouvant et du fluctuant face à un monde imprévisible et incertain. 
L'impermanence est ici entendue au sens de « caractère de ce qui ne dure pas », appartenant à toute chose. Le colloque ne cherche pas à produire une énième définition de la notion, mais à explorer ses conceptualisations et ses mobilisations dans des situations et des cultures disciplinaires variées. Elle n'existe pas en opposition à la permanence : elle est une notion en soi, indépendante, libre. Les disciplines de l'espace sont interpellées autour d’une proposition : appréhender l'impermanence comme condition constitutive de tout espace habité, à toute échelle - du territoire à l'édifice. L’impermanence est posée comme paramètre premier de la pensée de l'espace, des conditions d'habitabilité et des possibilités d'habiter. Elle n’est plus une exception, un accident, mais le socle même de la réflexion. Ce changement de paradigme ouvre des horizons encore peu explorés pour penser et agir autrement. L'impermanence permet de sortir d'une pensée duale, en ouvrant aux possibles, voire en trouvant une forme paradoxale d'assurance dans le changement - en écho au « paradoxe de l'enracinement » chez Simone Weil (1949). En l'inscrivant dans les champs de la philosophie, de la sociologie, de l'art et de l'architecture, et dans toutes les disciplines qui abordent l'espace, le colloque vise à repérer et documenter le rôle de l'impermanence dans ce qui est et ce qui peut être. Dans un contexte de montée des incertitudes, le colloque veut explorer l'impermanence comme valeur ajoutée pour comprendre la complexité des territoires du XXIe siècle. Il interroge les figures et les agencements éphémères, instables et temporaires, en acceptant que tout est en constante évolution, changement et transformation - le sens même de la vie. 

Considérer l'impermanence, c'est apprendre, au cœur d'un présent épais, à bien vivre et à bien mourir ensemble - une nécessité éthique à la fois universelle et intime (Haraway, 2016). A l’image de Descartes qui « se forme une morale par provision » (Discours de la méthode, 1637), il s'agit aussi d'agir sans pouvoir suspendre l'action ad vitam aeternam, tout en sachant qu'un meilleur reste toujours possible.

Axes thématiques

Les contributions théoriques ou pratiques à l’appel à communications sont attendues autour des thématiques de sessions suivantes : 
Session 1 : Impermanences et incertitudes en expériences - situations et vécus,
Session 2 : Impermanences en puissance – récits et imaginaires,
Session 3 : Accueillir l'impermanence ? Quelles postures pour la fabrique urbaine et architecturale ?,
Session 4 : Impermanences, expérimentations et improvisations,
Session 5 : Fragilités, liens et proximité (Être près),
Session 6 : Incertitudes, urgences et confiance (Être prêt). 
Toute contribution autre sera examinée.

Calendrier

Date limite de soumission des propositions : 3 septembre 2026
Réponse aux auteurs : 10 septembre 2026
Date du colloque : 22-23 octobre 2026

Consignes pour la soumission des propositions

Les propositions de communication sont à envoyer à l’adresse impermanences-colloqueatsciencesconf.org (impermanences-colloque[at]sciencesconf[dot]org) en précisant la session visée et les informations suivantes :
- les noms et affiliations des auteurs et co-auteurs (nom, prénom, statut, institution) ;
- une notice biographique de 50 mots par auteur ;
- un résumé de 300 mots précisant la problématique, l'approche (cadre conceptuel et méthodologique envisagé) et, le cas échéant, les premiers résultats ou pistes de réflexion ;
Chaque proposition sera évaluée par le comité scientifique du colloque.

Retrouvez toutes les informations sur le site du colloque

impermanences.sciencesconf.org/

Jour 1 - 22 octobre 2026 - Saisir l'impermanence : notions, représentations, situations Expériences partagées
Cette première journée vise à explorer l'impermanence par la mise en discussion de la notion elle-même et d’expériences et situations vécues. La multiplicité sémantique de l'impermanence - entre regard occidental, hindouiste ou bouddhiste, entre mouvements et métamorphoses, cycles et non-soi - en fait une richesse : elle interroge le temps, l'attente, l'équilibre, la transformation, le rapport au monde, à la vie et à la mort. Considérer l’impermanence comme prisme orientant notre manière d'être au monde permet d'interroger ses effets sur notre perception, notre observation de la réalité et de ses matérialités temporelles. Cette approche théorique dialogue avec l’expérience de l’impermanence en situation de praticiens, de chercheurs, d’enseignants et étudiants liés à la fabrique architecturale urbaine et paysagère.

Matinée : Définir et conceptualiser l’impermanence : la multiplicité, la complémentarité, la diversité

1. Conférence introductive
Chris Younes, philosophe : Temps, cycles et impermanence

2. Des voyages dans l’impermanence
O.Soubeyran, géographe, Impermanences et géographies
Joshin L. Bachoux Sensei, nonne bouddhiste, Chaque forme est l’impermanence
Alain Schnapp, archéologue, Impermanences des traces
Jisung Hyun, artiste plasticienne, Le sentiment des choses, oeuvres en résonance

Après-midi - Sessions parallèles, appel à contributions : L’expérience de l’impermanence
Session 1 : Impermanences et incertitudes en expériences. Situations et vécus. Thibault Cassagne et Julie Martin
Session 2 : Impermanences en puissance. Récits et imaginaires. Clara Caroff et Aysegül Cankat

Table-ronde et synthèse des sessions
Regarder l’inconnu : Qu’est-ce que l’impermanence évoque en nous ? Aysegül Cankat et Luc Gwiazdzinski

Jour 2 – 23 octobre 2026 - Faire avec l'impermanence : lieux, pratiques, postures
Confrontation, reformulations et ouvertures
Cette seconde journée se présente comme une mise à l'épreuve de la pensée et de l'action, de manière entrelacée, dans la recherche, la fabrique architecturale et urbaine, les politiques publiques et les démarches créatives, artistiques et associatives. Il s'agit de travailler sur la diversité des situations et des terrains qui illustrent la nécessité de mobiliser l'impermanence en situation. C'est dans cet espace entre décision et révision que l'impermanence devient non plus une contrainte à surmonter, mais une ressource à mobiliser et une notion à équiper.

Matinée : Accueillir et agir avec l’impermanence : diversité et spécificité
1. Là où l’impermanence se tient, à partir de Hestia et Hermès
Conférence introductive de Bruno Queysanne, philosophe

2. Là où l’impermanence agit : l’impermanence comme posture professionnelle (pratiques, processus, interventions, inventions)
Conférences
Estelle Moraux, astrophysicienne, directrice du CSUG-UGA
Stefan Shankland, artiste plasticien, Chantier, art et impermanence
Pascal Amphoux, géographe, architecte, Entre incertitude et impermanence

3. Session 3 : Comment accueillir l'impermanence ? Quelles postures pour la fabrique urbaine et architecturale ? (Expériences des professionnels de l'architecture, du paysage et de l'urbanisme)

Après-midi : L’impermanence en acte : improvisation, anticipation, accompagnement
1. Trois sessions parallèles : des liens pour équiper l’impermanence (suite à l’appel)
Session 4 : Impermanences, expérimentations et improvisations, O.Soubeyran
Session 5 : Fragilités, liens et proximité (Être près), Aysegül Cankat et Julie Martin
Session 6 : Incertitudes, urgences et confiance (Être prêt), L.Gwiazdzinski et Etienne Randier-Fraile

2. Synthèse des sessions

3. Conférence de clôture (17h00)
Jean-Jacques Wunenburger, Impermanences, rythmes et imaginaires pour le monde qui vient
Françoise Very, Impermanences, un voyage à rebours

Amphoux P. (2022), « Vers un urbanisme de l’incertitude ». Raison présente, (222), 49-58.
Bachelard G. (2007), L'air et les songes : essai sur l'imagination du mouvement, Paris, Corti.
Bachoux J.L. (2009), Journal de mon jardin zen, Paris, Desclée de Brouwer.
Barel Y. (1979), Le paradoxe et le système, Grenoble, PUG.
Benveniste É. (1966). Problèmes de linguistique générale, Paris, Gallimard.
Berdoulay V., Soubeyran O. (2020), L'aménagement face à la menace climatique. Le défi de l'adaptation, Grenoble, UGA.
Callon M., Lascoumes P., Barthe Y. (2001), Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Paris, Seuil.
Cankat, A. (2016). « Du tout à l’ensemble, une pensée en système pour le projet », in Ville, Territoire, Paysage, Saint Etienne, Publications de l’université, p. 248-255.
Cheng F. (2009), Le livre du vide médian, Paris, Albin Michel.
Coccia E. (2020), Métamorphoses, Paris, Payot & Rivages.
Dufourmantelle A. (2014), Éloge du risque, Paris, Payot & Rivages.
Graff C., Gwiazdzinski L. (dir.) (2024), Flux et rythmes à l'épreuve des territoires, Paris, Rhuthmos.
Haraway D. J. (2020), Vivre avec le trouble, Vaulx-en-Velin, Les éditions des mondes à faire.
Michon P. (2013), Rythme, rythmanalyse, rythmologie, Paris : Rhuthmos.
Queysanne B. (2022), Sur la projettation, Paris, Caryatide.
Reghezza-Zitt M., Rufat S. (2015), Résiliences : sociétés et territoires face à l'incertitude, aux risques et aux catastrophes, Londres, ISTE Editions.
Sauvanet P., Wunenburger J.-J. (dir.) (1996), Rythmes et philosophie, Paris, Kimé.
Schnapp A., 2015, Ruines. Essai de perspective comparée, Dijon, Les presses du réel.
Segapeli S. (2014), « Pour une théorie des impermanences », Le Philotope, n°10, p.7.
Soubeyran O. (2015), Pensée aménagiste et improvisation. L'improvisation en jazz et l'écologisation de la pensée aménagiste, Paris, Éditions des archives contemporaines.
Thépot, P. et alt. (2015), Feedback, Gangemi.
Weil S. (1949), L’enracinement, Paris, Gallimard.
Younès C. (2014), « L'événement existentiel. Pour une théorie des impermanences », Le Philotope, n°10, p.17.

Date

Du 10 juillet 2026 au 3 septembre 2026

Direction scientifique

Aysegül Cankat (AE&CC, ENSAG), Clara Caroff (AE&CC, ENSAG), Thibault Cassagne (LRA, ENSAT), Luc Gwiazdzinski (LRA, ENSAT)

Publié le 1 juillet 2026

Mis à jour le 13 juillet 2026