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La frontière qui situe culturellement (et philosophiquement) l’animal hors ou dans la sphère sociale de l’humain s’est en permanence redessinée, selon des choix qui diffèrent fortement selon les cultures et qui ont épistémologiquement influencé en occident les paradigmes scientifiques de définition de l’animal.
Les animaux et la place qui leur est conférée dans les sociétés humaines ont inspiré une grande diversité d’approches académiques. Objets de représentation, porteurs de symboles, ressources alimentaires et économiques, analyseurs de l’organisation sociale comme des besoins humains fondamentaux, les animaux et les relations polymorphes qui ont été établies avec eux constituent un objet de recherche interdisciplinaire foisonnant.

Cette entreprise a été marquée par la production en France de contributions marquantes dans de nombreuses disciplines, notamment l’anthropologie (Claude Lévi-Strauss), l’histoire (Alain Baratay), la philosophie (Elisabeth de Fontenay), l’éthologie (Georges Chapouthier) et le droit (Marguenaud et Leroy). Francophones et monumentales, ces approches ne se sont pas toujours délibérément inscrites dans un mouvement interdisciplinaire et internationalisé comme celui des « animal studies » anglo-saxonnes qu’illustrent les travaux de James Serpell, Hal Herzog ou Arnold Arluke, et plus récemment exposées dans l’ouvrage Animals and Society. An introduction to human-animal studies de Margo DeMello (Columbia University Press, 2012).
La question des frontières et intersections entre « espèces » est devenue un sujet de réflexion citoyenne et politique qui, dans le même temps où l’intégration sociale en tant que sujet de l’objet technologique robot  – le robot social ou compagnon – est interrogée, est peut-être signe de la déstabilisation de la perception de l’homme moderne comme centre de son univers (Darling, 2012 ; Descola, 2007 ; Fontenay, 2009).

L’observation de ce périmètre est-il un moyen de reposer autrement le paradigme de ces contrastes bousculés entre l’humain vs. l’animal vs. la machine animée par l’intelligence artificielle et de comprendre et modéliser sous des angles nouveaux les « propres de l’homme » (Picq, 2019) ? C’est ce que cet axe propose d’explorer. Il fait écho à des réflexions internationales récentes dans la modélisation cognitive et sociale et la technologisation (intelligence naturelle vs. artificielle) focalisée sur la communication vocale intra et inter HAR dans un premier séminaire Dagstuhl.