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Les indicateurs de bien-être [Visioconférence]

le 18 juin 2020
12h15-13h30
Conférence de Pierre Le Quéau (Laboratoire Pacte) et Fiona Ottaviani (Grenoble Ecole de Management) dans le cadre du cycle "Fil Good. Lier la recherche et le bien-être en société".
Cette conférence initialement prévue en présentiel, est aujourd'hui proposée en VISIOCONFÉRENCE.

Inscription requise (nombre de place limité) : Pour participer et recevoir les identifiants de connexion, merci de vous inscrire. Le lien de la webconférence vous sera envoyé après inscription.

 

Présentation de la conférence

La question des conditions dans lesquelles l'humain peut croître et se développer aussi favorablement que possible n'est certes pas nouvelle. Elle se pose toutefois avec une acuité particulière aujourd'hui, notamment en raison de la prise de conscience des conséquences délétères que peuvent avoir certaines de ses activités sur ses milieux. C'est en tout cas le contexte dans lequel s'inscrit actuellement l'émergence de projets, tant théoriques que pratiques, visant à réformer le rapport qu'il entretient avec ses mondes et la représentation qu'il s'en fait. Il n'y a d'ailleurs aucune solution de continuité entre ses deux dimensions et s'il y a bien un fil conducteur aux communications de Pierre Le Quéau et Fiona Ottaviani, il tient dans le fait que la façon dont se pose aujourd'hui la question du bien-être humain nous oblige à concevoir différemment les frontières les mieux établies de notre réalité instituée : pratique/théorie, corps/esprit, nature/culture, individu/commun, etc. Si cette rencontre comporte donc deux parties, il faut les aborder comme les deux faces de la même chose et tout à fait inséparables.

La première partie consistera à proposer une réflexion, plutôt théorique donc, sur les différents problèmes de cet ordre rencontrés au cours d'un travail mené pour la métropole grenobloise entre 2010 et aujourd'hui, visant à mettre en place de nouveaux indicateurs permettant de décrire le bien-être de ses habitants : le programme IBEST dont il sera plus précisément question dans la seconde partie. Le premier problème ainsi rencontré, comme toujours dans une démarche scientifique, tient dans la définition qu'il s'est agi de donner au phénomène étant entendu que celui du bien-être se montre extraordinairement complexe : non seulement à cause du rapport plus ou moins étroit qu'il entretient avec d'autres notions connexes (et parfois concurrentes : richesse, développement, bonheur, etc.), mais aussi en raison des différentes dimensions qu'il implique (physiologique, psychologique, sociologique, etc.)... Toutes ces dimensions interagissant entre elles et produisant des effets variables selon l'échelle du temps ou de l'espace considérée. La réponse proposée consiste à envisager le bien-être comme un système métastable de rapports entre l'individu et ses milieux. Elle a certes permis de résoudre un certain nombre d'obstacles au développement de notre travail mais a surtout - et inévitablement, soulevé d'autres problèmes qui non conduisent à reconsidérer ce que nous entendons par un individu, dans la tradition intellectuelle moderne en tout cas.

La seconde partie présentera la réflexion sur les indicateurs alternatifs en France et, au travers de l’exemple de l’expérimentation de construction d’indicateurs de bien-être soutenable conduite dans la métropole grenobloise, met au jour les enjeux méthodologiques, théoriques et politiques de l’ouverture de la « boite noire de la quantification » du bien-être et de l’opérationnalisation de nouveaux outils de pilotage pour la transition socio-écologique. La frontière entre savoir expert, savoir profane, entre données d’enquêtes et données administratives, entre le bien-être et la soutenabilité, entre le qualitatif et le quantitatif, entre l’individuel et le collectif se trouve réinterrogée dans ce type démarche collective. Du point de vue des politiques publiques, les usages visées et effectifs des indicateurs alternatifs concernent à la fois l’observation, l’évaluation des politiques publiques et le pilotage de l’action publique.

Le cycle Fil Good. Lier la recherche et le bien-être en société est coordonné par Rébecca Shankland, organisé en collaboration par la MSH-Alpes, le LIP/PC2S, l'UFR SHS, la SFR Santé Société, avec le soutien de la Chaire Mindfulness, bien-être au travail et paix économique, GEM, et en partenariat avec la revue Sens & Santé et l'association Social Plus.
Les vidéos des conférences sont ensuite disponibles sur notre chaîne YouTube.

Localisation

Visioconférence
Mis à jour le 2 avril 2020