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Communiqué / Recherche
Le 17 juin 2026
Un projet de recherche pour comprendre et transformer les dynamiques de crédibilité en médiation scientifique.
L’Observatoire science-société entame un nouveau projet de recherche pour décrypter et transformer les dynamiques de genre dans la médiation scientifique. Portée par Geoffrey Volat, ce programme, intitulé « Communiquer la science au féminin : injustices épistémiques et enjeux de crédibilité en médiation scientifique », prolonge une étude exploratoire menée en 2025 qui avait déjà mis en lumière des biais de genre persistants, minant la légitimité des femmes dans la transmission des savoirs scientifiques.
Des biais concrets aux conséquences lourdes
Les premiers résultats avaient mis en lumière des mécanismes de décrédibilisation ciblant spécifiquement les médiatrices scientifiques : remise en cause plus fréquente de leur légitimité, interruptions répétées, attitudes condescendantes (comme le mansplaining), ou encore une focalisation portée sur des critères non scientifiques, tels que l’apparence ou la posture. Ces dynamiques interactionnelles, loin d’être anodines, affectent directement les conditions de production de la confiance, un pilier pourtant essentiel de la médiation scientifique.
Au-delà de ces interactions situées, ces observations résonnent avec un phénomène structurel bien documenté : l’invisibilisation des contributions féminines dans les sciences (effet Matilda). Ce processus s’inscrit dans des logiques profondes de hiérarchisation des savoirs et de répartition inégale de la crédibilité, perpétuant des injustices épistémiques ancrées dans le champ scientifique.
Une approche innovante : lier l’interactionnel et le structurel
L’originalité du projet réside dans son ambition d’articuler ces deux niveaux d’analyse - interactionnel et structurel – encore rarement étudiés conjointement. En mobilisant notamment le cadre théorique de la justice épistémique développé par Miranda Fricker, en particulier la notion d’injustice testimoniale, c’est-à-dire la crédibilité différenciée accordée aux individus. Il s’agira d’examiner comment les inégalités de crédibilité se manifestent, se reproduisent ou se transforment dans les espaces contemporains de médiation.
Une problématique centrale au cœur de la démarche
Comment les mécanismes d’invisibilisation et de disqualification des savoirs médiés par des femmes influencent-ils les interactions de médiation ? Et, dans quelle mesure des dispositifs communicationnels et relationnels co-construits peuvent-ils contribuer à réduire ces injustices en situation réelle ?
Vers une médiation scientifique plus juste
Adoptant une démarche de recherche-action participative, le projet mise sur des méthodes collaboratives : enquêtes partagées, analyses collectives et expérimentations. L’objectif ? Identifier et tester des leviers concrets pour rééquilibrer la distribution de la crédibilité et renforcer une confiance partagée entre les actrices et acteurs de la médiation scientifique et les publics.
Un double impact
Ce travail vise à la fois à éclairer les mécanismes d’injustice épistémique dans les espaces de médiation scientifique et à agir pour les corriger. En combinant analyse critique et innovation pratique, il entend contribuer à l’émergence de pratiques plus équitables dans la circulation et la reconnaissance des savoirs scientifiques.
Date
Informations complémentaires
Porteur du projet : Geoffrey Volat (UGA, GRESEC)
Contact : geoffrey.volat
univ-grenoble-alpes.fr (geoffrey[dot]volat[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr)
Durée du projet : 12 mois
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