L'axe Langages & Politiques fonctionne selon plusieurs temporalités : des ateliers-séminaires mensuels ; des conférences d'invités, trois ou quatre par an ; des colloques, un par an.

Un travail régulier structuré par des ateliers-séminaires mensuels

Les deux thèmes privilégiés en 2020-2021 portent d'une part sur les lieux communs des villes, les places, et leur investissement politique, d'autre part sur les lexiques politiques. Huit séances, d'une durée de 2 heures à une demi-journée chacune, ont été prévues mais l'épidémie actuelle a nécessité l'ajournement des premières manifestations et le calendrier de la fin de l'année est suspendu aux décisions gouvernementales et universitaires.

Séminaires-ateliers sur le lexique politique :

  • "Les mots de la République à Rome" co-organisé par Clément Chillet (LUHCIE), Yann Berthelet, Frédéric Hurlet (MAE Nanterre) | Novembre 2020 (sous réserve)
  • "Nommer le peuple dans l'Antiquité, un acte politique" par Louis Autin | Le 09/12/20 (sous réserve)
  • "Les noms du pouvoir impérial romain", vus par un érudit du XVIème siècle, Juste Lipse, organisé par I. Cogitore | Printemps 2021
  • "Les mots pour faire peur : un appel à la révolte en 1529 à Lyon" à propos du placard de la Grande Rebeyne, organisé par A. Béroujon | Printemps 2021 

Séminaires-ateliers, 2020-2021 sur les lieux et le politique :

  • "Places de la République" : le nom et l'esprit des lieux. Quelle est la centralité urbaine d'une place ainsi nommée, quelle conjoncture politique, juridique, sociale, culturelle environne sa création, quelles sont les références (une république, mais laquelle ? Pour tous ?) ? Comment ce lieu est-il investi ?. Séminaire organisé par O. Vallade avec le groupe de travail d'histoire contemporaine (constitué du LARHRA et du CRIHAM de Poitiers) sur les places publiques.
  • "Le théâtre sur la place, la politique au milieu" : Au Moyen Âge, les tréteaux plantés sur les places publiques sont des lieux de visibilité et d'action politique tout autant que théâtrale. La rencontre sera organisée et dirigée par Estelle Doudet (Litt&Arts), Ilaria Taddei (LUHCIE), Charlotte Guion et Marielle de Vlaeminck (doctorantes à Litt&Arts).
  • "Par les fora et les campi" (1) : Structuration urbaine et investissement politique de lieux multi-fonctions. Les lieux de rassemblement du peuple, dans les cités romaines ont considérablement évolué, vers une spécialisation (relative) et ont accumulé une charge politique. Séminaire organisé par Clément Chillet et Marie-Claire Ferriès (LUHCIE) en collaboration avec la Maison de l'Orient.
  • "Par les fora et les campi" (2) : La charge symbolique des "champs urbains", des agoras et des forums de l'Antiquité a imprégné l'imaginaire moderne et contemporain : que ce soit dans le vocabulaire courant où le recours à ces mots est peut-être banal, mais n'est pas anodin, que ce soit dans la trame urbaine de grandes métropoles, par exemple les "Champs-Élysées" ou le "Champ de Mars" de Paris ; la via dei Fori Imperiali de Rome. Que signifie cette réappropriation ? Séance organisée et pilotée par Clément Chillet.

Des conférences d'invités

Elles viennent ponctuer ces séminaires et permettent de présenter un état de leur recherche sur un thème connexe, au rythme de trois ou quatre par an. Sont ainsi prévus pour 2020 :
  • Pascal Montlahuc (historien, UMR 8210 ANHIMA, Université Paris VII)
  • François Laplantine  (anthropologue, Professeur honoraire Université Lyon 2) : "le théâtre, un lieu d'expression politique".
  • Vinciane Despret  (philosophe, université de Liège)
D'autres conférenciers sont en cours d'invitation pour le printemps 2021, dont :
  • Ludivine Bantigny historienne (université de Rouen — GRHis — EA 3831)
  • Philippe Artières (CNRS, IRIS)

Des colloques

Un par an, ils constituent une état de la question :

Mai 2020 - Discours de colère, organisé S. Diab Duranton (reporté)

Depuis une décennie environ, dans de nombreux pays du monde arabe (la Tunisie, l’Egypte, la Libye, le Bahreïn, la Syrie, le Yémen, l’Algérie et dernièrement l’Irak et le Liban), la rue est gagnée par la contestation, en réaction à une économie en berne, plombée par la corruption, les inégalités sociales et une mauvaise gouvernance chronique. La colère arabe gronde ; elle est portée par des femmes et des hommes, toutes générations confondues, même si la jeunesse y est majoritaire. La colère populaire traduit surtout un « ras le bol » face à des conditions de vie jugées intolérables ; les populations se sentent abandonnées et refusent désormais cet immobilisme gangréné. Leur colère exprime une ferme volonté de réformes, de profondes aspirations à la justice sociale, à la liberté, à la démocratie et à l'égalité.
Rébellion, contestation, révolte, révolution, sont autant de termes pour qualifier cette colère populaire qui entraîne diverses transformations radicales et espère ouvrir la voie à l’avènement d’une ère nouvelle dans le paysage politique, social et linguistique arabe.
Le phénomène s’impose donc comme sujet d’étude aux chercheurs en sciences humaines et sociales. Ses dimensions linguistique et sémiotique interrogent particulièrement ces disciplines, en raison notamment des changements profonds qu’ils induisent ou introduisent dans la langue et la communication politiques.
La rhétorique de la colère est ainsi diverse, variée, influente. Elle s’exprime à travers des modes d’action traditionnels, tels que les discours et interviews politiques, les slogans, les tracts, les chants, les caricatures, etc. Mais aussi à travers d’autres qui sont créatifs et novateurs, permettant d’agir dans l’immédiateté, tels que les réseaux sociaux, la vidéo, les graffitis, le street-art, les bandes dessinées, etc.
Des linguistes, des littéraires, des historiens, des sociologues, des politistes ainsi que des spécialistes de l’information et de la communication, sont invités à mettre en commun leurs questionnements sur la colère arabe et ses répercussions sociales, politiques linguistiques et culturelles.
    

2021 - "Souveraineté et néolibéralisme", organisé par Thomas Boccon-Gibod, Martine Kaluszynski et Odile Tourneux

Le séminaire Société-Souveraineté, organisé depuis 2018 par Thomas Boccon-Gibod, Martine Kaluszynski et Odile Tourneux, a pour vocation d’examiner le concept de souveraineté à la faveur de son retour massif dans le champ du discours politique contemporain. Cet examen critique se fait à la lumière de la pensée de l’émancipation sociale, à travers l’expertise des diverses sciences du social. La question est ainsi de savoir si la souveraineté est susceptible de tenir les promesses d’émancipation et de maîtrise d’un destin collectif que ses promoteurs promettent généralement.
Le séminaire aura été organisé selon 3 thématiques annuelles : souveraineté et frontières ; origines et fondements de la souveraineté ; souveraineté, identités, cultures. Chaque fois, le concours de la plus grande diversité de sciences sociales aura été sollicité (droit public, histoire, philosophie, sociologie, science politique, géographie, etc.), principalement avec des chercheurs du site de l’Université Grenoble Alpes. L’objet de ce colloque, qui se tiendra les 3 et 4 juin 2021, est de conclure ce moment de réflexion collective au long cours en réunissant, dans le même esprit, en élargissant le cercle aux échelons national et international. Appel à communication - Date limite pour l'envoi des propositions le 26 octobre 2020.
    

2022 - "Seconde guerre mondiale, vocabulaire et mémoire", organisé par O. Vallade

Il n'est pas une ville, une localité, voire un sentier de montagne au détour duquel on ne découvre une stèle, une plaque, un monument rappelant la Résistance ou les faits de répression de la période 1940-1944. Que nous disent ces marqueurs territoriaux ? Qui a décidé d'écrire "nazis", "Allemands", "Shoah" ? Sont-ils les lieux d'une expression politique ? Au-delà des ces éléments visibles de l'évolution du vocabulaire utilisé pour définir les différents aspects du Second conflit mondial, ce colloque permettra des regards croisés de politologues, d'historiens, mais aussi de professionnels du monde des musées et de la mémoire pour décrypter l'évolution, les enjeux de mots qui sont toujours lourds de sens dans notre société.